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Rédiger les textes de son site quand on n'est pas rédacteur

La rédaction est le poste qui bloque le plus de projets de site. Voici une méthode pour écrire vos pages vous-même, sans savoir écrire.

Yanis Benkechida · 28 août 2026 · 11 min de lecture
Rédiger les textes de son site quand on n'est pas rédacteur

C'est le poste qui retarde le plus de projets. Le site est prêt, les maquettes validées, et tout attend des textes qui ne viennent pas. Le dirigeant a promis de s'en occuper, il n'a pas le temps, et surtout il ne sait pas par où commencer.

Cet article propose une méthode pour écrire vous-même des pages correctes. Pas de la belle écriture : des textes qui informent, qui rassurent et qui donnent envie de vous contacter. C'est largement suffisant, et c'est à votre portée.

Pourquoi vos textes valent mieux que ceux d'un inconnu

Commençons par lever le complexe. Vous disposez de trois choses qu'aucun rédacteur extérieur ne possède, et elles pèsent plus lourd que le style.

  • Le vocabulaire de vos clients. Vous entendez leurs questions tous les jours, avec leurs mots. Ce sont exactement les mots qu'ils tapent dans un moteur de recherche.
  • Les objections réelles. Vous savez ce qui bloque une signature, parce que vous l'avez entendu cent fois. Un texte qui traite ces objections convainc davantage qu'un texte élégant.
  • Les détails du métier. Ce sont eux qui prouvent que vous savez de quoi vous parlez. Un rédacteur généraliste produira une page lisse et interchangeable.

Ce qui vous manque, c'est la méthode et le temps, pas la matière. La méthode s'apprend en une lecture, et le temps se réduit beaucoup quand on sait quoi écrire.

La méthode en cinq étapes

Prise dans cet ordre, une page se rédige en une heure environ, et l'ordre compte plus qu'on ne le croit.

  • Étape 1 : écrivez la question. Une seule phrase, celle que se pose la personne qui arrivera sur cette page. Si vous ne la trouvez pas, la page n'a peut-être pas lieu d'être.
  • Étape 2 : répondez en trois lignes. Directement, sans introduction. Cette réponse deviendra le premier paragraphe, et beaucoup de lecteurs n'iront pas plus loin.
  • Étape 3 : listez ce qu'il faut savoir ensuite. Cinq à huit points, en vrac. Chacun deviendra un titre ou un paragraphe.
  • Étape 4 : développez chaque point en trois ou quatre phrases. Une idée par paragraphe. Si un paragraphe dépasse cinq lignes, il contient probablement deux idées.
  • Étape 5 : terminez par ce que le lecteur doit faire. Appeler, demander un devis, lire une autre page. Une seule action, clairement formulée.

Cette structure a l'avantage de fonctionner aussi bien pour une page de service que pour un article. Elle évite le piège de l'introduction qui tourne autour du sujet pendant trois paragraphes.

Rédaction

Déléguer la rédaction, ou seulement la relecture

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Les six réflexes qui changent un texte

Aucun ne demande de talent. Ils s'appliquent à la relecture, en quelques minutes.

  • Coupez la première phrase. Dans la plupart des textes, elle sert à se lancer et n'apporte rien au lecteur. Le texte commence mieux à la deuxième.
  • Remplacez les adjectifs par des faits. « Une intervention rapide » ne dit rien. « Une intervention sous quatre heures » dit tout.
  • Écrivez à la deuxième personne. Parlez de votre lecteur plutôt que de vous. Comptez les « nous » et les « vous » : si les premiers dominent largement, le texte parle de la mauvaise personne.
  • Une phrase, une idée. Les phrases longues avec plusieurs propositions se relisent deux fois. Coupez au premier « et » qui introduit une idée nouvelle.
  • Supprimez le jargon, ou expliquez-le. Vos clients ne connaissent pas vos acronymes. Le premier emploi d'un terme technique mérite une parenthèse.
  • Relisez à voix haute. C'est le test le plus efficace qui existe : ce qui ne se dit pas ne se lit pas non plus.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

Quatre pratiques produisent des textes qui desservent, et elles sont fréquentes.

  • Recopier un concurrent. Outre le problème juridique, vous héritez de sa promesse, de ses arguments et parfois de ses erreurs. Et le texte dupliqué se repère.
  • Répéter le mot-clé. Écrire dix fois la même expression ne fait pas monter une page et rend le texte pénible. Une formulation naturelle suffit largement.
  • Générer un texte sans le retravailler. Un texte produit automatiquement est lisse, générique et ne contient aucun des détails qui prouvent votre métier. Il peut servir de brouillon, jamais de version finale.
  • Écrire pour se faire plaisir. Le style enlevé, les jeux de mots et les phrases longues satisfont l'auteur et perdent le lecteur, qui cherche une information.

Le point commun de ces quatre erreurs : elles produisent un texte qui pourrait être celui de n'importe qui. Or c'est précisément ce que le lecteur cherche à écarter quand il compare trois prestataires.

Combien de temps prévoir, réellement

Le blocage vient souvent d'une mauvaise estimation. Voici des ordres de grandeur pour un dirigeant qui écrit lui-même.

  • Une page de service : une à deux heures. Vingt minutes pour la structure, une heure de rédaction, vingt minutes de relecture à froid le lendemain.
  • Une page d'accueil : une demi-journée. C'est la plus difficile parce qu'elle doit résumer, et la plus réécrite. Rédigez-la en dernier, quand les autres pages ont clarifié votre offre.
  • Un ensemble de huit pages : deux à trois demi-journées, réparties sur deux ou trois semaines. Écrire tout d'un coup produit une fatigue qui se voit dans les dernières pages.
  • La relecture à froid : indispensable. Quarante-huit heures d'écart suffisent à repérer les phrases confuses qu'on ne voyait pas en écrivant.

Ces durées supposent que vous ayez la matière. Si vous devez d'abord réunir des informations, des chiffres ou des références, comptez ce temps à part et faites-le avant, jamais pendant.

Quand déléguer devient le bon choix

Écrire soi-même n'est pas une obligation morale. Trois situations justifient de confier la rédaction.

  • Vous n'écrirez pas. C'est la raison la plus honnête et la plus fréquente. Un projet bloqué six mois faute de textes coûte plus cher que la rédaction déléguée.
  • Le volume est important. Au-delà d'une quinzaine de pages, l'exercice devient un vrai travail et il concurrence votre activité.
  • Vous avez la matière mais pas la forme. C'est le cas le plus rentable : vous fournissez des brouillons, des notes ou un entretien enregistré, et quelqu'un met en forme. Vous gardez le fond, vous économisez le temps.

Cette dernière formule est souvent la meilleure. Elle préserve ce que vous seul pouvez apporter, votre connaissance du métier, et délègue ce qui s'externalise sans perte.

Par quelle page commencer

L'ordre de rédaction change beaucoup la difficulté. Commencer par la mauvaise page est la première cause d'abandon.

  • Commencez par une page de service secondaire. Elle est simple à écrire, le sujet est délimité, et elle vous fait entrer dans l'exercice sans enjeu.
  • Enchaînez sur vos autres pages de service. À la troisième, vous aurez trouvé un rythme et un vocabulaire cohérent.
  • Écrivez les pages de preuve ensuite. Références, réalisations, avis. Elles demandent de rassembler des éléments plus que de rédiger.
  • Gardez l'accueil pour la fin. Elle doit résumer tout le reste : l'écrire en premier revient à résumer ce qui n'existe pas encore.
  • Les pages légales se traitent à part. Elles ne s'écrivent pas, elles se vérifient, et elles ne doivent jamais retarder le reste.

Cet ordre a un avantage psychologique réel : les premières pages sont les plus faciles, ce qui évite de buter dès le départ sur l'exercice le plus difficile et d'en conclure qu'on ne sait pas écrire.

Écrire pour être lu, pas pour être complet

Un réflexe hérité de l'école dessert beaucoup de textes professionnels : vouloir tout dire, dans l'ordre logique, sans rien omettre.

Sur une page web, le lecteur ne lit pas de haut en bas. Il balaie, s'arrête sur les titres, lit un paragraphe qui l'intéresse, puis décide de continuer ou de partir. Un texte exhaustif mais compact perd cette personne dès la première section.

La conséquence pratique tient en trois habitudes. Mettez la conclusion au début plutôt qu'à la fin, parce que beaucoup n'iront pas jusqu'au bout. Découpez avec des titres qui annoncent le contenu de la section, pas des titres décoratifs. Et acceptez de laisser des questions de côté : elles feront d'autres pages, mieux ciblées.

Cette approche demande un renoncement inconfortable, celui d'être moins complet. Elle produit pourtant des textes plus utiles, parce qu'ils sont lus jusqu'au point où le lecteur avait besoin d'aller.

Ce que vos textes doivent contenir, page par page

Chaque type de page appelle des éléments précis. Cette liste évite de chercher quoi écrire.

  • Une page de service : le problème que vous résolvez, ce qui est inclus, comment ça se passe, ce que ça coûte ou son ordre de grandeur, pour qui c'est fait, et une preuve.
  • Une page à propos : depuis quand, pour qui, avec qui, et pourquoi vous faites ce métier. C'est la page la plus lue avant un premier contact et souvent la plus creuse.
  • Une page de réalisation : le contexte, la demande, ce que vous avez fait, le résultat pour le client. Quatre paragraphes suffisent.
  • Une page de contact : les moyens de vous joindre, les horaires, le délai de réponse, et ce que le visiteur doit préparer pour que l'échange soit utile.
  • Un article : une question, une réponse directe, le développement, et une action à la fin. Jamais l'inverse.

Si vous butez sur une page, relisez cette liste et écrivez les éléments un par un, sans chercher à les relier. La liaison se fait à la relecture, et elle est bien plus facile que la page blanche.

Le brouillon parlé, pour ceux que la page blanche bloque

Une technique fonctionne particulièrement bien chez les dirigeants qui expliquent très bien leur métier à l'oral et se figent devant un écran.

  • Enregistrez-vous en répondant à la question de la page, comme si un client vous la posait au téléphone. Deux à trois minutes suffisent.
  • Faites transcrire l'enregistrement. Vous obtenez un texte brut, mal structuré mais qui contient déjà les bons arguments et le bon vocabulaire.
  • Réorganisez selon la structure en cinq étapes. Le travail devient du montage plutôt que de la création, ce qui est infiniment plus facile.
  • Coupez les répétitions et les hésitations. L'oral en produit beaucoup, et les supprimer suffit souvent à obtenir un texte publiable.

Cette méthode a un autre mérite : elle conserve votre façon de parler. Un texte qui ressemble à ce que vous diriez en rendez-vous est exactement ce qu'un prospect a besoin de lire avant de vous appeler.

Questions fréquentes

Combien de mots faut-il par page ?

Assez pour répondre à la question, pas plus. Une page de service utile fait souvent entre 600 et 1 200 mots. Rallonger artificiellement pour atteindre un chiffre produit du remplissage qui se lit comme tel.

Faut-il placer des mots-clés dans le texte ?

Employez naturellement les mots que vos clients utilisent, dans le titre et dans les premiers paragraphes. La répétition mécanique n'apporte rien et dégrade la lecture.

Peut-on utiliser un outil de génération de texte ?

Comme brouillon ou pour débloquer une page blanche, oui. Comme texte final, non : il ne contient aucun détail propre à votre métier, et c'est précisément ce qui convainc.

Qui doit écrire dans une entreprise ?

La personne qui parle le plus aux clients, pas forcément le dirigeant. Un commercial ou un chef de chantier détient souvent les formulations les plus justes.

Faut-il faire relire par quelqu'un ?

Toujours, et de préférence par quelqu'un qui ne connaît pas le métier. Ses questions désignent exactement les passages à clarifier.

Comment savoir si un texte fonctionne ?

Regardez si les questions qu'il traite reviennent encore au téléphone. Si oui, la page ne répond pas assez clairement, ou elle n'est pas trouvée.

Faut-il réécrire les anciens textes ?

Seulement ceux qui sont faux ou qui décrivent une offre abandonnée. Un texte ancien mais exact, sur une page qui reçoit des visites, se retouche plutôt qu'il ne se remplace.

En résumé

Vous détenez la matière, il vous manque la méthode. Une question, une réponse en trois lignes, cinq à huit points développés, une action finale : une page se rédige en une heure avec cette structure.

Six réflexes suffisent à la relecture, dont le plus efficace est la lecture à voix haute. Et si vous savez que vous n'écrirez pas, déléguez la forme en gardant le fond : c'est le meilleur compromis entre le coût et ce que vous seul pouvez apporter.

Yanis Benkechida

Yanis Benkechida

Fondateur de Widesign · agence digitale Son parcours

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